Institution Notre Dame

Etablissement catholique d’enseignement ouvert à tous

Réprospective Bernar VENET

Sortie à Lyon au Musée des Confluences et au Musée d'Art Contemporain

Rétrospective Bernar VENET (60 ans de création plus de 170 oeuvres)

Le jeudi 11 octobre, des lycéens de seconde, première et terminale étaient de sortie scolaire à Lyon dans le cadre de deux visites culturelles croisant arts et sciences. La journée fut divisée entre le Musée des Confluences et le Musée d'Art Contemporain avec comme fil directeur : un pont entre Nature et Culture.

Le premier objectif de cette sortie était d'abord d'être en lien avec le projet d'établissement c'est-à-dire, éduquer à l'ouverture à l'universel tout en cultivant les arts et les sciences. Le second objectif était, en second lieu, de tisser des liens entre ces deux disciplines tout en se questionnant : comment ce que produit l'homme, ce qu'il fabrique peut-il transformer la matière ?

L'artiste Bernar VENET, à travers ses démarches et son œuvre protéiforme, nous a permis de trouver quelques réponses. L'exposition présentait un ensemble de plus de 170 œuvres ayant pour objet d'examiner toutes les étapes qui conduisent un plasticien à travailler avec des tonnes d'acier qu'il décline sous forme de sculptures colossales et pesantes intitulées Lignes indéterminées, Arcs, Angles, Lignes obliques mais aussi Accidents, Effondrements ou Combinaisons aléatoires.

« Mes sculptures, c'est l'histoire de leur fabrication et de la résistance du métal. Épreuve de  force  et combat mené entre la  barre  d'acier et moi-même.  < Qui >  fait

< quoi > à l'autre. Une lutte entre la volonté de l'artiste et la nature rigide de la barre  Je propose des directions alors que je suis dirigé par la barre d'acier qui résiste et ne cède pas à ma volonté de domination … jeu de concessions où il me faut laisser à la barre son autonomie. Le résultat ? Un témoignage du geste forgeur et des possibilités de la matière que je ne transforme pas au-delà des caractéristiques naturelles. »

L'artiste façonne ainsi des poutres de métal brut droites ou légèrement tordues, verticales, courbées ou carrément tire-bouchonnées pour ensuite les meuler, les sabler et les poncer : c'est du gros œuvre / c'est du lourd généralement dédié à l'espace urbain. Son atelier est une usine et il fait systématiquement graver sur chaque pièce son identité mathématique.

Les médiatrices qui nous ont accompagné durant la visite nous ont permis au mieux de comprendre comment raison et intuition ont continûment et simultanément convergé  chez Bernar VENET afin de nourrir sa réflexion. Ses œuvres colossales et monumentales interrogent donc les différents états de la matière.

Le Musée des Confluences quant à lui, de par son architecture conçue par l'agence autrichienne Coop Himmelb(l)au, répond lui aussi à notre questionnement : en quoi peut-on considérer l'homme comme producteur de culture ? Cet édifice surprenant et impressionnant dont la vocation est d'être un muséum d'histoire naturelle, nous apprend que Nature et Culture sont étroitement liés et fusionnent. C'est un bâtiment qui se démarque vraiment et qui n'a pu naître que de  formes résultant de nouvelles géométries : le déconstructivisme qui emploie des formes non conventionnelles et déstabilisantes voire instables mais en réalité, c'est un chaos contrôlé. Murs penchés, sols inclinés, façades qui semblent prêtes à s'écrouler, éléments de construction visibles, angles qui s'aiguisent, toitures qui se libèrent du sol, ces édifices qui semblent avoir subis  les secousses telluriques sont bien le résultat d’un travail pensé et réfléchi.

Le cristal qui évoque un diamant avec ses facettes, d’une surface de 1 900 m², est un espace totalement translucide dédié à l’entrée du public et à la circulation des visiteurs. Sous ses 33 mètres de verrière, c’est le lieu des rencontres et des échanges, qui permet d’accéder au nuage. Tour de force architectural, le puits de gravité sert d’appui central pour soutenir les structures métalliques et stabilise le cristal. C'est l'élément le plus sensationnel de l'architecture qui fait penser à une météorite tombée du ciel qui se jette littéralement dans l'immense hall d'accueil.

Le nuage, d’une surface de 10 900 m2, est constitué d’une carapace métallique opaque avec 600 panneaux photovoltaïques et d’un revêtement en inox permettant de refléter les variations du temps mais aussi de capter les multiples échos de la ville, de  l’eau et de la verdure. Composé de quatre niveaux, il abrite l’ensemble des salles d’exposition auxquelles nous avons pu avoir accès.

Nous nous sommes alors laissés emporter dans un voyage au cœur de la Nature et de la Culture avec soit une exposition sur les origines du monde et notre place, soit sur les espèces, l'humanité et l'animalité. Confiés à des scénographes différents, chaque parcours fut une expérience de visite unique encourageant le dialogue entre les disciplines, des sciences aux sciences humaines, une maille où tout se tient et se répond.

Finalement, la Culture consiste à développer notre humanité, donc notre rapport aux choses et notre compréhension du monde.

Mme Pascaline FARESSE, enseignante d'arts plastiques

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