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Arts Plastiques

Intitulée « Cosmos ou Les fantômes de l’amour », cette exposition fête un anniversaire : les 25 ans d’Avignon capitale européenne de la culture et les 30 ans de son inscription au patrimoine mondiale de l’UNESCO. Nous avons pu investir trois lieux : le palais des papes, le petit palais ainsi que le pont d’Avignon rendu difficilement accessible en raison des 90 kms heure du mistral particulièrement fort le jour de notre visite.

Né à Saint-Etienne en 1964, le travail de Jean-Michel OTHONIEL explore le verre soufflé, matériau qu’il découvre lors de sa résidence à la villa Médicis en 1996 et qu’il adopte comme médium de prédilection. Par la suite et grâce à sa collaboration avec le CIRVA de Marseille (centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques), l’artiste a pu développer un verre très solide et presque incassable. Ses sculptures semblent fragiles, mais sont solides. Il explique que :

" C’est important comme rapport au monde d’arriver fragile et non pas en force. ll y a ce rapport à l’émerveillement et à la cassure dans mon travail.”

Ses œuvres adoptent généralement des formes simples et minimales soient parallélépipédiques (les briques) soient sphériques (les perles) qu’il accumule pour créer l’enchantement avec des jeux de lumière et des couleurs flamboyantes. Il collabore avec vingt personnes dans son atelier ainsi qu’avec des artisans et des ingénieurs. Il est considéré comme un artiste de l’extérieur parce qu’il sort de son atelier pour exposer dans des jardins, des espaces publics ou des sites historiques aussi doit il adapter ses œuvres en les mettant à l’échelle du lieu. Or, la monumentalité et le gigantisme du palais des papes lui ont imposé de réaliser des œuvres in situ particulièrement imposantes et impressionnantes en termes de dimensions.

L’artistique s’inscrit justement dans ce dialogue étroit avec l’architecture et la symbiose entre les deux s’opère. D’ailleurs, cette exposition représente pour Jean-Michel OTHONIEL un challenge et un défi technique, une prouesse personnelle et professionnelle. Pour la première fois, des œuvres ont été suspendues au plafond, chose jamais réalisée auparavant et pourtant rendue possible.

Grâce au financement du Pass Culture et du budget Arts, les lycéens ont pu découvrir des astrolabes de 10m de haut qui tournent sur elles-mêmes grâce au vent, mais qui doivent lui résister, des colliers géants qui évoquent des parures de bijoux, des constellations, sortes d’astres à base de nœuds et des rivières de verre bleu suggérant l’élément liquide alors que le matériau est solide ou encore des mobiles des figures du zodiaque. Jean-Michel OTHONIEL nous invite donc à voyager dans le merveilleux et la poésie, la préciosité et l’ornement, mais il y a également quelque chose de l’ordre du sacré et du spirituel dans ses mises en espace. Sa démarche contribue en tout cas à réenchanter le monde et nos imaginaires ce dont nous avons bien besoin de nos jours. Nommé académicien en 2018 en tant que membre de l’académie des Beaux-Arts dans la section sculpture, il répond à des commandes publiques ou privées comme en 2022 au Palais idéal du Facteur Cheval à Hauterives.

Si son travail collaboratif avec des artisans et des ingénieurs lui permet de dépasser le périmètre du monde de l’art, il invite surtout le spectateur à se réfugier dans une promenade rêveuse, fantastique et onirique.

Pascaline FARESSE - Professeur d'Arts Plastiques


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